Les Recteurs et la Sirène - Jean Epstein

Dans les années 1930, le cinéaste Jean Epstein découvre les îles bretonnes à l’occasion du tournage des films Finis terrae à Ouessant, Mor vran à Sein et L’Or des mers à Hoedic.
Ces îles, qui vivent encore isolées du continent, l’impressionnent fortement et sont source d’inspiration. Il y puise le scénario de ses films mais aussi le thème de ses deux uniques romans. Le premier roman, L’Or des mers, est écrit la même année que le tournage du film L’Or des mers à Hoedic, en 1932, et porte le même nom. L’intrigue n’est cependant pas la même et l’action se déroule à Ouessant.
Son deuxième roman écrit en 1934, Les Recteurs et la sirène, se situe dans une île imaginaire, Huernn, qui n’est autre, vous le devinerez, que l’île d’Hoedic. Ce roman, d’une belle écriture, est plus élaboré que le scénario simple de son film hoedicais.
Mais il donne une vision sévère et rugueuse de cette île « imaginaire ». Peut-être est-ce la raison pour laquelle son identité est masquée ? L’éditeur note en quatrième de couverture :« Epstein a vécu parmi les peuples de la mer dont ce roman peint quelques types. Comme il est le fruit d’une observation singulièrement aiguë, il constitue le document le plus intéressant sur une poignée d’humains qui vit dans des conditions dont nous ne pouvons soupçonner ni la précarité ni le tragique. (…) »
Gérard BOLITT, Le complexe d’Hoëdic

Arrivé à Hoedic au début des années soixante-dix pour bâtir la maison d’un ami, Gérard Bolitt s’installe sur cette île du Sud de la Bretagne pour construire des maisons de pêcheurs, en restaurer d’autres, tracer des réseaux de canalisation, élever des bâtiments communaux. Rassembleur d’ouvriers hoedicais, portugais et aussi d’amis qui s’investiront dans son sillage, il s’évertue dans les années quatre-vingts à redéployer l’habitat traditionnel d’une île restée longtemps en déshérence. Cette aventure va durer trente ans.











