22-oct-05
Fouille archéologique sur le site de Port-Blanc à Hoedic :
Découvert il y a plusieurs mois par P. Buttin, le site archéologique de Port-Blanc à Hoedic apparaissait très menacé par une dégradation accélérée du littoral en cette partie de l’île.
La présence d’un imposant dépôt de coquillages, visible en coupe de falaise et associé à du mobilier archéologique significatif, laissait augurer de la richesse du site. C’est pour ces diverses raisons que des fouilles archéologiques furent entreprises, sous la forme de sondage à l’automne 2004, puis à travers une fouille programmée de 3 semaines, qui s’est déroulée du 19 septembre au 7 octobre 2005.
Ces recherches, dirigées par Marie-Yvane DAIRE (chercheur au CNRS, UMR 6566 « Civilisations atlantiques et Archéosciences », Rennes) et menées par une dizaine d’étudiants (français et belges) ont révélé, en ce lieu, l’existence de bâtiments dont plusieurs murs et une entrée ont été dégagés. Certaines de ces structures ont pu avoir une vocation domestique, tandis que d’autres étaient dévolues à la production de sel à partir du traitement de l’eau de mer (par la technique dite des « briquetages »).
Grâce aux objets découverts (fragments de poteries, et d’amphores vinaires, en particulier), l’occupation du site peut être datée des dernières décennies de l’Indépendance gauloise (fin 2ème et première moitié du 1er siècle avant J.-C.). L’important dépôt de restes de faune, marine et terrestre, dont l’étude est menée par Anna BAUDRY, Archéozoologue à Rennes, a fait l’objet d’un mode de collecte élaboré. Les études de laboratoire qui vont suivre viendront compléter ces premiers résultats de terrain et orienter les recherches à venir sur ce site majeur de la côte sud de l’Armorique.
Photo : Le site de Port-Blanc en cours de fouille (cl. M.Y. Daire, CNRS)
Vos réactions :
Prospection
et fouille archéologique sur l'ile
d'Hoedic :
Une
introduction de Jean-Marc Large
Depuis 2001, un travail de terrain concernant l'archéologie
des premiers peuples producteurs (Néolithique) a été développé dur
l'île d'Hoedic. Il concerne la période 6e millénaire
- 1e millénaire avant J.-C. La période actuellement
plus étudiée est la charnière 6e-5e millénaire
avant J.-C. qui a vu les hommes en Bretagne passer d'une économie
de prédation vers une économie de production.
Lors des premiers stades de la mise en place de l'agriculture
et de l'élevage, le sud du Morbihan a pris un sens particulier,
notamment sur le pourtour du Golfe du Morbihan : de nombreuses
pierres ont été érigées, parfois
décorées (stèles) puis certaines ont été abattues
et réemployées dans des dolmens lors d'une phase
plus récente (5e-4e millénaire avant J.-C.). Travailler à Hoedic
sur ces époques lointaines revient à comprendre
les intentions des peuples de la Préhistoire récente
pour s'installer sur une île située assez loin du
continent. Une hypothèse de travail est en cours de validation
: l'île d'Hoedic est la plus orientale des îles de
la chaîne granitique partant de Quiberon. Elle se trouve à l'entrée
du Mor Bras lorsque l'on veut aborder par mer le site du Golfe
du Morbihan par le sud-est. Afin de maîtriser ce couloir
de navigation, il fallait avoir une présence importante
sur l'île d'Hoedic pour les peuples qui ont sacralisé le
pourtour du Golfe du Morbihan.
Une des preuves de l'importance de l'emprise sur l'île
est la mise en place d'alignements de menhirs en tout point semblables à ceux
que l'on trouve sur le continent. Pas moins de 9 alignements
sont maintenant connus sur Hoedic.

La pente d'Argol, située au nord de l'île (à l'endroit
du port actuel), est un espace qui a reçu au moins deux
de ces alignements (Groah Denn et le Douet). Actuellement, l'alignement
du Douet, constitué d'au moins 8 blocs de granite en élévation,
fait l'objet d'une fouille archéologique pluriannuelle
(2004-2007). Les dernières données indiquent bien
le moment de mise en place de cet alignement au milieu du 5e
millénaire avant J.-C., avec des gestes symboliques forts,
bien lisibles en fouille : dépôt de lames de haches
polies dans les fosses de fondation, dépôts de galets
naturels, choisis pour leur forme, dépôt associé de
céramique et de galet, présence d'un niveau d'occupation
avec des céramiques écrasées sur place.
A lire pour en savoir plus :
Les
pionniers de l'archéologie
insulaire Marthe et Saint-Just Péquart sur le site
Sciences Ouest.
Mégalithes
du Morbihan le somptueux site du Ministère de la Culture.
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