Stèle redécouverte à houat

Chargé de la restauration d’une des dernières ruines du village, José Ferreira (l’entrepreneur de Houat) la vidait des ses gravats quand, enfouie parmi les décombres une pierre étonnante lui est apparue. Cette pierre est en granit beige d’apparence semblable à la pierre du pays, haute de 0,80 m sur une base octogonale de 0,30 m de diamètre. Deux croix sont gravées sur deux faces opposées ; les branches du bas évasées pourraient suggérer une forme d’hermine.
   Cette découverte est très intéressante et José peut être remercié pour sa vigilance dans son travail ! Nous connaissions cette pierre par un témoignage photographique de St-Just Péquart daté de 1924, avec l’intitulée « Lech à l’entrée du cimetière ». La photo est en pièce jointe et aussi reproduite p. 176 du numéro spécial de La Revue des deux îles consacré aux Péquart (n° 4 - 2007). Mais nous ignorions ce que ce « lech » était devenu !
   Lech est l’ancien nom utilisé pour désigner les stèles gauloises qui marquaient l’emplacement de sépultures vers le 5e siècle av. J.- C. Souvent déplacées, elles ont également souvent été christianisées par l’ajout de croix. Cet intitulé de St-Just Péquart dans son cahier ne laisse pas de doute quant à son jugement sur la nature de cette pierre. Une expertise actuelle par un archéologue sera néanmoins nécessaire pour confirmer son statut.
   Les anciens houatais ne semblent pas se souvenir de cette pierre à l’entrée du cimetière, telle que la montre la photo Péquart, ni de son retrait, ni même de son existence. La maison où elle a été retrouvée située dans le Radgel, étroite rue du village de Houat, appartenait à Bernard Le Roux jusque dans les années trente. Puis Marguerite et Augustine (nées Le Fur) en ont hérité et elle appartient aujourd’hui à Benoît Parent qui la fait restaurer. Augustine a utilisé ce logement désaffecté comme étable jusque dans les années 60 ; elle a confié à Jean Cogez : « je l’aurai remarquée si elle s’y était trouvée ! ». Comment et quand cette pierre est arrivée là reste un mystère.
   Souhaitons que maintenant qu’elle a été redécouverte, elle retrouve sa place près du portail à l’entrée du cimetière, puisque c’était là sa vocation initiale de stèle funéraire.
 
  Pierre Buttin à partir de notes de Jean Cogez
 
 

Une stelle redécouverte à Houat

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