Fouilles de Port-Blanc
Un site de l'Âge du fer en cours de fouille à Port Blanc, Hoedic - campagne automne 2007
11/01/08
Suite à des travaux préliminaires
(sondages en 2004, fouille programmée annuelle en 2005), le site de
Port-Blanc à Hoedic fait l’objet d’un programme d’étude
pluriannuelle ; la première campagne de fouille programmée s’est
déroulée du 25 septembre au 20 octobre 2007. Ces recherches visent
l’étude d’un complexe archéologique comprenant un atelier artisanal
de production de sel associé à un habitat à architecture de pierre,
dans son contexte environnemental.
En effet, nous sommes ici en présence d’un site susceptible
d’illustrer la production gauloise de sel d’origine marine sur les
côtes atlantiques, à la fois d’un point de vue socio-économique
mais aussi d’un point de vue technologique. Les vestiges de
production artisanale sont manifestement associés, d’une part à des
installations domestiques, d’autre part à un ensemble faunique tout
à fait exceptionnel dans la région, à la fois par la qualité de
conservation des restes et par la diversité des espèces
représentées. Il s’agira ici, à terme, de déterminer si les restes
fauniques (d’origine marine et/ou terrestre) sont liés à une
consommation dans un cadre domestique (au quel cas, on disposerait
pour une fois d’un spectre complet en matière d’alimentation
carnée) ou s’ils sont à relier à une activité de conservation
(salaisons) en relation avec la production du sel par les
techniques ignigènes. Le caractère insulaire d’Hoedic (qui était
déjà une île à l’Âge du Fer) rend l’analyse de l’origine de la
faune terrestre d’autant plus intéressante.
La campagne de fouille de 2007 a permis la reconnaissance des restes de bâtiments de la fin du second Âge du Fer (2ème-1er s ; av. n. è.), dont les murs en pierre sèche à double parement mesurent près d’un mètre d’épaisseur et sont particulièrement bien conservés. L’organisation de l’espace montre d’ores et déjà des secteurs dévolus aux activités artisanales (fosses, bassins de stockage) et d’autres espaces à vocation domestique.
Les éléments architecturaux mis au jour (en particulier les murs) sont en concordance avec les structures généralement mises au jour sur ce type de sites littoraux où la pierre est disponible en abondance et ou d’épais murs en pierre sèche sont de plus bien adaptés aux conditions climatiques.
Le mobilier domestique (la céramique domestique, en particulier) est suffisamment abondant pour laisser démontrer une promiscuité entre l’activité artisanale et l’habitat. Les structures et murs mis au jour correspondent à une architecture domestique.
La présence d’amphores sur le site tend à indiquer que la communauté établie à Hoedic à l’époque gauloise ne vivait pas en autarcie mais avait des contacts extérieurs et pratiquait probablement des échanges réguliers. Il a été mis en évidence que le sel produit dans les ateliers littoraux n’était pas destiné à une consommation strictement locale mais servait aussi probablement à alimenter les communautés de l’intérieur des terres (sous la forme de pains de sel) ainsi qu’un marché extérieur beaucoup plus large (sous la forme de salaisons). Comme pour de nombreux sites de ce type, on envisage des contacts maritimes directs donnant lieu à des échanges entre amphores vinaires et sel/ou salaisons, entre autres produits possibles.
Les éléments de briquetages en argile cuite, liés à une production artisanale de pains de sel par des méthodes ignigènes, traduisent une extraction du sel d’origine marine, pratiquée selon deux technologies dont on ne peut encore dire pour l’instant si elles sont synchrones ou bien si elles se sont succédé dans le temps ; d’une part, un probable four à pont à fonctionné avec des moules en forme de barquettes, d’autre part les godets de forme cylindrique coïncident vraisemblablement avec un autre type de four (à grille ?) mettant en œuvre de nombreuses pièces de calage. La répartition de ces éléments de briquetages sur la zone de fouille laisse envisager que l’activité artisanale se pratiquait plutôt dans la partie nord du site, les vestiges de cet atelier de bouilleur de sel se trouvant immédiatement en arrière de la falaise ;
Le site de Port-Blanc donne matière à un travail d’équipe structuré
et porteur autour d’une problématique originale et de résultats
inédits, notamment favorisés par des techniques de prélèvements
très poussés appliquées à cet ensemble. Autour de cette double
problématique, l’équipe qui s’est constituée est pilotée par
Marie-Yvane Daire (chercheur CNRS archéologue) (1), responsable de
la fouille et Anna Baudry (doctorante à l’Université de Rennes 1,
archéozoologue) (1), qui coordonne les études archéozoologiques
menées par elle-même pour la faune terrestre, ainsi que par
Catherine Dupont (chercheur CNRS) (1) pour la malacofaune, Yvon
Dréano (CRAVO) pour l’hychtyofaune, Anne Tresset (MNHN) pour les
micromammifères, Nancy Marcoux et Dominique Marguerie (1) pour
l’aspect végétal des paléoenvironnements.
Compte tenu des premiers résultats obtenus sur ce site et des moyens mis en oeuvre, ces recherches sont susceptibles d’apporter des éclairages nouveaux sur :
- la vie quotidienne des populations du littoral de la Gaule, dans les derniers siècles de l’Indépendance gauloise, en particulier leur relation avec le milieu environnant (exploitation des ressources marines, par ex.),
- leur économie de subsistance (production locale de sel, élevage…) dans un marché ouvert (importations d’amphores, par ex.)
- le rôle d’Hoedic et plus largement des îles du Mor Braz, territoires déjà insulaires à l’époque, jalonnant l’un des principaux axes maritimes européens de l’Âge du Fer.
Marie-Yvane DAIRE
Chargée de recherche CNRS

La campagne de fouille de 2007 a permis la reconnaissance des restes de bâtiments de la fin du second Âge du Fer (2ème-1er s ; av. n. è.), dont les murs en pierre sèche à double parement mesurent près d’un mètre d’épaisseur et sont particulièrement bien conservés. L’organisation de l’espace montre d’ores et déjà des secteurs dévolus aux activités artisanales (fosses, bassins de stockage) et d’autres espaces à vocation domestique.
Les éléments architecturaux mis au jour (en particulier les murs) sont en concordance avec les structures généralement mises au jour sur ce type de sites littoraux où la pierre est disponible en abondance et ou d’épais murs en pierre sèche sont de plus bien adaptés aux conditions climatiques.
Le mobilier domestique (la céramique domestique, en particulier) est suffisamment abondant pour laisser démontrer une promiscuité entre l’activité artisanale et l’habitat. Les structures et murs mis au jour correspondent à une architecture domestique.
La présence d’amphores sur le site tend à indiquer que la communauté établie à Hoedic à l’époque gauloise ne vivait pas en autarcie mais avait des contacts extérieurs et pratiquait probablement des échanges réguliers. Il a été mis en évidence que le sel produit dans les ateliers littoraux n’était pas destiné à une consommation strictement locale mais servait aussi probablement à alimenter les communautés de l’intérieur des terres (sous la forme de pains de sel) ainsi qu’un marché extérieur beaucoup plus large (sous la forme de salaisons). Comme pour de nombreux sites de ce type, on envisage des contacts maritimes directs donnant lieu à des échanges entre amphores vinaires et sel/ou salaisons, entre autres produits possibles.
Les éléments de briquetages en argile cuite, liés à une production artisanale de pains de sel par des méthodes ignigènes, traduisent une extraction du sel d’origine marine, pratiquée selon deux technologies dont on ne peut encore dire pour l’instant si elles sont synchrones ou bien si elles se sont succédé dans le temps ; d’une part, un probable four à pont à fonctionné avec des moules en forme de barquettes, d’autre part les godets de forme cylindrique coïncident vraisemblablement avec un autre type de four (à grille ?) mettant en œuvre de nombreuses pièces de calage. La répartition de ces éléments de briquetages sur la zone de fouille laisse envisager que l’activité artisanale se pratiquait plutôt dans la partie nord du site, les vestiges de cet atelier de bouilleur de sel se trouvant immédiatement en arrière de la falaise ;

Compte tenu des premiers résultats obtenus sur ce site et des moyens mis en oeuvre, ces recherches sont susceptibles d’apporter des éclairages nouveaux sur :
- la vie quotidienne des populations du littoral de la Gaule, dans les derniers siècles de l’Indépendance gauloise, en particulier leur relation avec le milieu environnant (exploitation des ressources marines, par ex.),
- leur économie de subsistance (production locale de sel, élevage…) dans un marché ouvert (importations d’amphores, par ex.)
- le rôle d’Hoedic et plus largement des îles du Mor Braz, territoires déjà insulaires à l’époque, jalonnant l’un des principaux axes maritimes européens de l’Âge du Fer.
Marie-Yvane DAIRE
Chargée de recherche CNRS
Atelier de production de sel et habitat gaulois - programme de fouille triennal à Port-Blanc, Hoedic
30/09/07
Le sondage effectué il y a deux ans
sur le site de Port Blanc à Hoedic avait mis en évidence
d'importants vestiges d'atelier de sel et d'habitat gaulois.
C'est à la suite des résultats de ce sondage, qu'un programme de fouille sur 3 ans a été engagé par l'équipe de Marie-Yvane Daire (Université de Rennes) experte de cette période, accompagnée d'Anna Baudry (archéozoologue). Pas moins de quinze fouilleurs se sont installés dans trois gîtes et ont commencé les travaux par d'important terrassement pour évacuer le sable dunaire qui surmonte - et protège - les couches archéologiques. Ils ont pu bénéficier pour cela de l'aide d'une pelle mécanique et ont savouré rétrospectivement ce confort à la vue des photos de l'exposition Péquart et des montagnes de sables que leurs prédécesseurs des années trente déplaçaient au seau de toile et à la brouette.
Les archéologues sont à l'oeuvre jusque fin octobre, nous attendons avec impatience les résultats de cette première tranche...
C'est à la suite des résultats de ce sondage, qu'un programme de fouille sur 3 ans a été engagé par l'équipe de Marie-Yvane Daire (Université de Rennes) experte de cette période, accompagnée d'Anna Baudry (archéozoologue). Pas moins de quinze fouilleurs se sont installés dans trois gîtes et ont commencé les travaux par d'important terrassement pour évacuer le sable dunaire qui surmonte - et protège - les couches archéologiques. Ils ont pu bénéficier pour cela de l'aide d'une pelle mécanique et ont savouré rétrospectivement ce confort à la vue des photos de l'exposition Péquart et des montagnes de sables que leurs prédécesseurs des années trente déplaçaient au seau de toile et à la brouette.
Les archéologues sont à l'oeuvre jusque fin octobre, nous attendons avec impatience les résultats de cette première tranche...

Fouille archéologique sur le site de Port-Blanc à Hoedic
22/11/05

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Sondages archéologiques sur le site de Port-Blanc
22/09/04

Une fosse, visible en coupe de falaise, correspond à un bassin de stockage, typique des ateliers de bouilleur de sel gaulois. Un atelier artisanal a donc existé en ce lieu (IIème-Ier siècles avant J.-C.), en liaison avec un habitat dont les déchets culinaires sont présents à proximité de la zone de travail (dépôt de berniques, os de poissons et de mammifères).
