Découverte d'une nouvelle pierre "christianisée" au pied du menhir de la Vierge à Hoedic
09/02/09 Catégorie : Infos
générales

Ce menhir est, en effet, creusé d’une niche ayant contenu une Vierge et il est surmontée d’un moignon de fer reste d’une croix rongée par la foudre et les intempéries. Par ailleurs, non loin au nord-ouest, une croix de granite est installée sur un monticule qui s’est avéré, par la suite, être un dolmen. La niche avec une Vierge est signalée par A. de Francheville dans le dictionnaire d’Ogée ; elle est donc antérieure à 1843. « Dans un peulven de 4 m d’élévation, on a creusé une niche et placé une statue de la sainte Vierge : c’est maintenant un lieu de dévotion ». Le vestige de croix en fer est, quant à lui, signalé pour la première fois par l’abbé Lavenot en 1886, comme étant déjà une chose ancienne : « Ce menhir a été jadis surmonté d’une croix. »
Il est possible que cette croix de fer ait été contemporaine de la niche de la Vierge, sans avoir été signalée auparavant. La croix en granite du dolmen de la Croix a été construite en 1880 par la paroisse d’Hoedic sur un monticule proche du menhir de la Vierge. Cette croix est placée là en raison du menhir et non pour christianiser un dolmen dont l’existence était ignoré. Ce lieu constituait alors, en raison du menhir et de la Vierge, un lieu de procession pour les rogations.
Dans son inventaire des sites préhistoriques d’Hoedic daté de 1886, l’abbé Lavenot ne mentionne pas le dolmen servant de support à cette croix. Ce n’est qu’en 1924 que Le Rouzic nous en donne une première description : « Le grand menhir, dit le menhir de la Vierge, attira mon attention et j’indiquais à mes deux compagnons qu’il semblait être placé à la base d’un tumulus. En effet arrivé dans son voisinage, je constatais qu’il était dressé à 36 m d’un tertre artificiel au sommet duquel était placée une croix de granit. En examinant la base du support de la croix, je reconnus que cette base était placée directement sur les tables et support d’un dolmen à galerie… »
Pour en revenir à cette croix plus modeste gravée dans le ciment, de quand peut-elle être datée ?
Difficile de le dire. Le ciment type « ciment de Portland » était déjà fabriqué à la fin du XIXe siècle, cette croix pourrait alors être contemporaine de la croix de granite. Ou bien y a-t-il eu d’autres actes de christianisation ultérieurement ? Les anciens de l’île en auraient-ils gardé la mémoire ?
Restant dans le cadre de ces actes autour des vestiges mégalithiques d’Hoedic, il est intéressant de noter un autre témoignage de l’abbé Lavenot concernant des alignements de l’Argol (c.a.d., selon la définition de Lavenot, au nord du cimetière) : « Avant 1881, on y voyait aussi de grosses pierres posées les unes près des autres. Ces alignements paraissaient être des segments de circonférences. Le plus petit segment mesurait environ 50 m et le plus grand 250. […] Ces alignements ont été détruits en 1880 ou en 1881. »
Que s’est-il passé dans ces années 1880 ? Hoedic a-t-il connu une fièvre mystique avec abattage d’idoles et renforcement de la christianisation du menhir de la Vierge ? Ou plus simplement les pierres de l’Argol ont été enfouies dans le sable vers cette époque.

Notons enfin l’étonnante sépulture d’un jeune bovin découverte près de l’alignement du Douet (Lettre de Melvan n°9, déc 2007) et datée au carbone 14 d’une période postérieur à 1650. Les aménagements de cette sépulture et sa couverture de galets organisés suggèrent une intention en relation avec l’animal. Un rite ? Mais alors difficilement associable à une christianisation de l’alignement !
Au delà d’Hoedic et de Houat, la christianisation des pierres levées, menhirs ou stèles, et les manifestations cultuelles dans leurs alentours sont des réappropriations assez banales de ces monuments. Nous évoquions en juin 2008 (Lettre de Melvan n°10) la stèle gauloise octogonale récemment retrouvée à Houat, qui a aussi été christianisée de deux croix. Il y en a une quantité d'autres en France dont une des plus spectaculaire est celle du menhir de Saint-Duzec à Plomeur-Bodou (voir carte postale ci-contre).
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