Sortie botanique à Houat : ophioglosse du Portugal en abondance !

Le printemps démarrant tout juste, cette date pourrait paraître précoce pour une sortie botanique. Mais cette ophioglosse est une plante qui vit à contre saison en raison du milieu très particulier sur lequel on la trouve. Il s’agit de pelouses littorales très rases, qui ne comportent que quelques centimètres de terre au-dessus de la roche, sont humides l’hiver mais extrêmement sèches l’été. Cet ophioglosse se développe entre le mois d’octobre et le printemps avant que tout ne se dessèche. On le trouve souvent associé à l’isoète épineux Isoetes histrix une autre ptéridophyte qui a le même cycle de développement hivernal.

Découvert à Houat par Bachelot de la Pylaie en 1826, l’ophioglosse du Portugal a été revu vers 1850 par Llyod, puis redécouvert seulement en 2000 par Gabriel Rivière et G. Thévenin. Inutile de préciser que cette plante est extrêmement discrète !

Nous l’avons revue le 6 avril, abondante sur les pelouses littorales vers le Béniguet, parfois accompagnée de l’isoète épineux. De toutes petites languettes de l’ordre du cm sortant de terre, parfois nombreuses, la quasi-totalité sans hampe de fructification. Nous n’en avons vus que deux avec épi fertile, voir superbe photo de Jean-Paul Priou.
L’ophioglosse du Portugal, inscrite dans la liste rouge de la flore menacée de France, n’est localisée dans La Flore du Morbihan que sur les îles de Groix, de Belle-Île et de Houat, avec un point d’interrogation sur Hoedic où il n’a été signalé que par C. Vanden Berghen en 1962. Il nous reste à le retrouver !

Au cours de notre visite nous avons aussi pu découvrir les prothalles de Trichomanes speciosum qui couvrent comme une ouate verte le plafond de grottes littorales. Cette fougère ne se développe étonnement ici que sous cette forme, sans présence de la forme feuillée.

Une autre plante rare et discrète a pu être observée au cours de cette journée, l’érodium maritime Erodium maritimum, avec ses larges feuilles plaquées au sol et ses toutes petites fleurs.

Les deux îles recèlent des trésors botaniques ! Sachons les découvrir et préserver leur milieu de plus en plus agressé par une fréquentation croissante.

Références
Rivière G., 2005 – Fougères et plantes alliées, Melvan La Revue des deux îles, n° 2, p.103 -118
Rivière G., 2007 – La Flore du Morbihan. Édition Siloé, 655 p.

Pierre Buttin

Le groupe de la sortie botanique à Houat

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