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Juil
23

Les murs font-ils partie du patrimoine de nos campagnes ?

seuvarten-chantier

Pour faire écho à l'interrogation d’Antonin Sabot, Journaliste au Monde, dans un article du 26 juin (voir ci-dessous), Melvan considère aussi les murets comme faisant parti du patrimoine. Ils sont un des rares témoignages qui restent du passé agricole. Durant plusieurs années nous avons tenus des chantiers de débroussaillage à Hoedic pour mettre en valeurs ces murets et plus récemment un site archéologique.  Voir par exemple cette photo d’un chantier sur muret au Seuvarten. Malheureusement, ce travail n’a pu être entretenu par la suite par engin mécanique, comme nous l’espérions. La nature reprend aujourd’hui rapidement ses droits.

Nous avions envisagé de reprendre le travail cette année au Seuvarten. Il semble cependant préférable, pour ne pas décourager les volontaires, de définir tout d’abord un cadre avec la municipalité dans lequel un suivi mécanique pourra être assuré. Nous remercions les volontaires qui se sont manifestés et leur demandons de rester motiver, en espérant que nous pourrons reprendre ces chantiers dans l’avenir pour un travail qui soit pérenne.

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En cette fin du mois de juin, les gérants de la Maison vieille, Bruno Goffi et Tania Tourjanski, avaient organisé un week-end de réflexion autour des murs. [La Maison vieille est une épicerie café-littéraire situé en Auvergne dans le hameau de Roiron, 15 habitants…] Tantôt élément de maîtrise du paysage, tantôt expression politique, le mur est dans la région de Mézères et dans une grande partie de la Haute-Loire un élément immanquable du paysage agricole. Ici, les murs sont partout et souvent de dimensions totalement exagérées. Ils se sont construits au fil des générations d'agriculteur : le sol en est tellement empli que chaque labour déterrait des mètres cubes de pierres volcaniques, que les agriculteurs entassaient sous forme de murs pour gagner de la place et pouvoir continuer à cultiver.

Ces murs représentent littéralement des années de travail en plus que d'être de simples clôtures. Le paysagiste et chercheur Alexis Pernet*, un des conférenciers de ce week-end de réflexion, explique leur importance : On avait déjà parlé dans ce blog de l'omniprésence des murs à Mézères, dans cette région de moyenne montagne. Cela complique le travail des agriculteurs qui perdent beaucoup de temps quand il faut moissonner ou couper l'herbe dans des champs qui sont bien petits par rapport à leurs tracteurs. Certains champs sont tellement remplis de pierres proches de la surface qu'ils ne peuvent pas être labourés efficacement et qu'ils sont condamnés à rester en herbe, donc moins productifs. Bien que créés par leurs aïeux, ces murs représentent une gêne pour les agriculteurs d'aujourd'hui.

Dès lors on peut se demander si l'opposition entre patrimoine et modernité dans la production agricole n'est pas inéluctable. "Non", répond Alexis Pernet, qui estime qu'un dialogue est possible entre toutes les personnes qui construisent ou vivent du paysage. Du restaurateur à la recherche de produit authentiques à la personne responsable d'une chambre d'hôte, en passant bien sûr par l'agriculteur, tous ont intérêt à valoriser ou adapter ce patrimoine. Et cela ne passera pas par des réglementations, estime-t-il .