Chantier patrimoine du Seuvarten : Un ancien muret dégagé de sa gangue de broussailles.
Les murets des anciens parcellaires font partie du patrimoine d’Hoedic. Ils sont difficiles à dater mais remontent aux débuts d’une agriculture liée à l’élevage, c'est-à-dire probablement au Moyen-Âge. Le bétail et les chevaux étaient, sur Hoedic comme sur Houat, en pâture sur l’ensemble du territoire îlien. Des murets étaient alors construits pour empêcher les animaux de pénétrer dans les parcelles closes et non l’inverse comme cela est le cas sur le continent.
La municipalité ayant effectué un premier
débroussaillage des abords avec le tracteur
communal équipé d’un giro-broyeur, l’équipe de
volontaires pu se consacrer au muret lui-même. Il
fallut tout d’abord le dégager de sa gangue de
ronce, de fougères, d’orties et autres végétations
et extraire un épais compost de débris végétaux
retenus par un lacis de racines, rendant
l’opération particulièrement physique. Les pierres
étaient ensuite nettoyées des accumulations de
terre et de débris végétaux, et remises en places
lorsqu’elles étaient tombées.
Cent cinquante mètres ont ainsi revu le jour après
ces trois jours de travail, et le rendez-vous est
pris pour reprendre ce chantier l’année prochaine !
Depuis l'abandon de l'agriculture à Hoedic, dans
les années 50, les parcelles anciennement cultivées
ont été délaissées et, faute d'entretien, envahies
par des broussailles qui engendrent une fermeture
de ces espaces progressant d'année en année.
L'homogénéisation du milieu qui en résulte se fait
au détriment de la diversité de la flore, de la
faune et du gibier. Tout un patrimoine historique
ou préhistorique disparaît aussi sous ces
broussailles, tel l'alignement du Paluden, les
anciens murs de parcellaires, ou encore le fort
Vauban (dit Fort Anglais) devenu quasiment
inaccessible et invisible sous les prunelliers et
les ajoncs. Cette emprise croissante des
broussailles constitue enfin un risque important
d'incendie qui deviendrait difficilement
maîtrisable.
Les partenaires locaux sensibles à cette évolution
ont déjà réagi ainsi que le montrent deux exemples
récents de débroussaillage : celui au nord du
Grand-Étang et celui des anciens champs.
Le chantier du Grand-Étang a été réalisé par un
chantier international de jeunes bénévoles,
l'Association des compagnons bâtisseurs de
Bretagne, sous l'initiative de l'Association de
gestion du Fort, en partenariat avec la
municipalité d‚Hoedic, le Conservatoire du
littoral, propriétaire du site, donnant son aval
tout en encourageant cette initiative. Ce chantier
de trois semaines effectué en juin 2003 a permis de
dégager et de restaurer une partie du muret nord de
l'étang et de celui remontant vers le Paluden, tout
en re-délimitant bien la zone humide constituée par
l'étang.
Le deuxième chantier, celui des anciens champs, a
été réalisé par la Fédération de chasse du Morbihan
sous l'initiative de l'Association des Chasseurs
d'Hoedic, en y associant le Conservatoire du
littoral, la municipalité et les pompiers d'Hoedic.
Une étude préalable préconise une ouverture de
certaines zones par broyage tardif et pâturage. Le
chantier de mise en œuvre a été effectué en
septembre 2003 durant deux semaines. Au total,
treize hectares de friches, de ronces et de
prunelliers ont été nettoyés par un puissant
giro-broyeur : dix hectares sur le terrain communal
et trois hectares sur le terrain du Conservatoire
du littoral. Ce chantier doit être repris à
l'automne prochain pour parfaire le travail. Par
ailleurs, la commune a acquis un giro-broyeur pour
l'entretien des zones ouvertes, ainsi que du
matériel de clôture permettant d'étendre la zone de
pâturage des chevaux
Rendre à l'île un aspect plus ouvert, respectueux
des anciens parcellaires, de son patrimoine
préhistorique et historique, favorable à la
diversité exceptionnelle de sa faune et de sa
flore, est un travail de longue haleine. Cet
objectif est au cœur de tous ceux qui sont attachés
à Hoedic.
C'est dans cet esprit que Melvan a organisé le
Chantier du Seuvarten les 8, 9 et 10 juillet.
