L’île d’Hoedic, un site privilégié pour l’observation de l’avifaune
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Depuis de nombreuses années les ornithologues et les naturalistes passionnés par l’étude de l’avifaune ont mis en avant, grâce aux informations et expériences acquises, l’intérêt que représente l’île d’Hoedic pour l’observation des espèces. Ainsi, depuis le début des années 1980, des séjours réguliers de baguage et d’observation sont organisés afin de dégager des éléments de compréhension de la biologie de migration et de la dynamique des populations d’oiseaux.
L’île d’Hoedic, un site d’intérêt pour les espèces rares
Au regard de sa position géographique, et compte tenu des para- mètres qui peuvent interférer sur la migration des oiseaux, l’île d’Hoedic offre un intérêt majeur pour l’observations et l’étude de l’avifaune.
On peut dire que l’un des évènements les plus intéressants pour les naturalistes, c’est la découverte et l’observation d’un oiseau manifestement égaré à des milliers de kilomètres de sa localisation habi- tuelle ou de sa route de migration. Ces oiseaux, appelés accidentels ou erratiques, ne sont pas, en soi, d’un grand intérêt scientifique, mais une observation minutieuse, un relevé précis de l’âge et du sexe de chacun d’eux, ainsi qu’une analyse des détails de ces observations, peuvent aboutir à d’importantes déductions. Ces évènements, qui semblent dans un premier temps dus au hasard, peuvent parfois faire partie d’un schéma général et donner ainsi la clé de la dynamique des populations et de leurs déplacements pour une espèce donnée.
Dérive migratoire et égarement
Il n’est pas rare que les migrateurs rencontrent des conditions météorologiques qui empêchent la réussite et la continuité du parcours. L’un des éléments majeurs qui intervient quand l’orientation est perturbée, est celui de la déviation par le vent. Les écarts que font les migrateurs par rapport à leur route normale varient selon les espèces, l’âge, l’expérience, leur faculté d’orientation et le rythme migratoire diurne. Il y a désorientation quand la navigation est mise en défaut : des nuages épais et étendus, des précipitations et une mauvaise visibilité associés aux fronts, sont trois facteurs qui y contribuent. De ce fait, de nombreuses espèces, quelquefois rares, ou des arrivées massives d’oiseaux peuvent être observées sur cette île.
Les égarés paléarctiques1
Parmi les millions de passereaux migrateurs d’Asie centrale et de Sibérie qui hivernent dans le sud de l’Asie, quelques individus se fraient un chemin jusqu’au nord-ouest de l’Europe et sont de temps en temps observés sur l’île. Ainsi, des espèces comme le pouillot à grands sourcils, le pouillot brun, le pipit à dos olive se retrouvent fin octobre dans nos régions. Leur apparition est corrélée avec la posi- tion et l’intensité de la zone de haute pression qui, au début de l’automne, commence à se former sur la Sibérie. Cet anticyclone fluctue et, quand il se trouve à son maximum, crée un flux d’est très vaste sur son côté sud.
Les égarés néarctiques2
Il arrive parfois que des oiseaux accidentels originaires du conti- nent américain soient notés. Ce vagabondage transatlantique est un phénomène remarquable parce qu’il met en jeu une traversée longue de plusieurs milliers de kilomètres, en partie au-dessus de l’océan. Les migrateurs qui suivent une route maritime du nord-est de l’Amérique du Nord vers les Antilles sont déviés par de forts vents de sud-ouest et se retrouvent ainsi en Europe de l’ouest. Ce fut le cas pour plusieurs espèces de limicoles, de la famille des échassiers.
Extrait d'un article de Bernard Iliou, Secrétaire du Groupe Ornithologique Breton et collaborateur au Centre d'étude et de Recherche sur la Biologie des Populations d'Oiseaux (CRBPO), paru dans le Revue des Deux Îles n°1 - 2004
1 Le paléarctique, une des huit régions biogéographiques terrestres, correspond à l'Europe, l'Asie jusqu'au nord de l'Himalaya, l'Afrique au nord du Sahara et une petite partie du Moyen Orient. En raison de sa grande surface, il est souvent subdivisé en deux zones : le paléarctique occidental à l’ouest de l’Oural et, à l’est, le paléarctique oriental.
2 Le néarctique, autre région biogéographique, correspond à l’Amérique du Nord, incluant le Groenland et la partie nord du Mexique.
(Note de Melvan).




