Les phares en mer cherchent de généreux mécènes pour ne pas sombrer
18 sept. 2008
Vigies inaccessibles au public, les
phares en mer font partie des oubliés du patrimoine maritime, se
délitant au gré du départ de leurs gardiens et cherchant de
généreux mécènes pour ne pas sombrer. La France, seul pays au monde
à avoir autant éclairé ses côtes, compte plus d'une vingtaine de
phares en mer (sur un total de 150 phares) dont plus aucun n'est
habité, automatisation oblige.
Marc Pointud, responsable de la société nationale pour le patrimoine des phares et balises (SNPB) compile photos et témoignages, dont certaines ont été récemment publiées dans la revue Le Chasse Marée, sur les phares en mer. Faute d'être entretenus, ces phares qui comportent parfois des intérieurs remarquables sont à terme "condamnés", affirme-t-il. "Le phare d'Ar Men est en très mauvais état, si demain il tombe, il sera remplacé par des bouées", explique ce défenseur du patrimoine maritime. A la sortie de la chaussée de Sein, ce phare "mythique" (sa construction a duré plus de douze ans) a été automatisé en 1990.
"Le phare de Tévennec, dans le raz de Sein, est dévasté, il n'y a plus de boiseries et un jour le toit va tomber. Le phare de la Vieille, à la pointe du Raz, a lui vu un pylône tombé dans la roche", égrène-t-il.
Le service des phares et balises, en charge des phares au ministère de l'Ecologie, n'a selon lui pas "les moyens financiers et humains" de les maintenir en état, explique-t-il. Et la généralisation du GPS - système de positionnement par satellite - sur les bateaux rend les phares moins indispensables.
Responsable du service des phares et balises, Jacques Manchard reconnaît que "les phares en mer ne sont pas au centre des priorités" vu leur emplacement.
"Nous maintenons la structure" du phare, assure-t-il, tout en soulignant que chaque réparation est "techniquement compliquée" et a "un coût important".
Le ministère de la Culture s'est "rapproché" des phares et balises dans les années 2000 pour dresser un inventaire, explique-t-on à la direction régionale de l'action culturelle (Drac) de Bretagne.
"On a commencé à en protéger quelques uns, mais pas les phares en mer", explique Alain Decaux, conseiller pour le patrimoine maritime et fluvial à la Drac, qui aime rappeler que le phare de Cordouan, a été le premier monument a être classé monument historique en 1862, en même temps que Notre-Dame de Paris.
La seule solution pour sauver ce patrimoine, comme Kéréon au large d'Ouessant, "le Versailles des phares en mer", est "un partenariat entre l'Etat et les collectivités locales", ou encore le mécénat, a-t-il ajouté.
Jean-François Le Besque, délégué régional de la Fondation du patrimoine, organisme privé, assure qu'il y a "des grandes entreprises comme Total ou Lafarge qui sont intéressées, à condition qu'il y ait un projet défini". M. Pointud milite pour que la gestion de ce patrimoine, représentant "trois siècles d'aventures humaines", soit délégué à des associations ou à des collectivités.
Bien plus fataliste, Jean-Christophe Fichou, historien, auteur d'une thèse sur le signalement maritime et d'un ouvrage sur les phares, estime qu'en l'absence d'argent "il n'y a pas de solution".
"On peut très bien avoir un poteau avec un feu. C'est un éternel rêve de terrien de s'imaginer qu'un phare doit être beau", explique-t-il. Alors, "peut-être faut-il laisser les phares en mer mourir de leur belle mort", souffle-t-il.
BREST, 17 sept 2008 (AFP)
Marc Pointud, responsable de la société nationale pour le patrimoine des phares et balises (SNPB) compile photos et témoignages, dont certaines ont été récemment publiées dans la revue Le Chasse Marée, sur les phares en mer. Faute d'être entretenus, ces phares qui comportent parfois des intérieurs remarquables sont à terme "condamnés", affirme-t-il. "Le phare d'Ar Men est en très mauvais état, si demain il tombe, il sera remplacé par des bouées", explique ce défenseur du patrimoine maritime. A la sortie de la chaussée de Sein, ce phare "mythique" (sa construction a duré plus de douze ans) a été automatisé en 1990.
"Le phare de Tévennec, dans le raz de Sein, est dévasté, il n'y a plus de boiseries et un jour le toit va tomber. Le phare de la Vieille, à la pointe du Raz, a lui vu un pylône tombé dans la roche", égrène-t-il.
Le service des phares et balises, en charge des phares au ministère de l'Ecologie, n'a selon lui pas "les moyens financiers et humains" de les maintenir en état, explique-t-il. Et la généralisation du GPS - système de positionnement par satellite - sur les bateaux rend les phares moins indispensables.
Responsable du service des phares et balises, Jacques Manchard reconnaît que "les phares en mer ne sont pas au centre des priorités" vu leur emplacement.
"Nous maintenons la structure" du phare, assure-t-il, tout en soulignant que chaque réparation est "techniquement compliquée" et a "un coût important".
Le ministère de la Culture s'est "rapproché" des phares et balises dans les années 2000 pour dresser un inventaire, explique-t-on à la direction régionale de l'action culturelle (Drac) de Bretagne.
"On a commencé à en protéger quelques uns, mais pas les phares en mer", explique Alain Decaux, conseiller pour le patrimoine maritime et fluvial à la Drac, qui aime rappeler que le phare de Cordouan, a été le premier monument a être classé monument historique en 1862, en même temps que Notre-Dame de Paris.
La seule solution pour sauver ce patrimoine, comme Kéréon au large d'Ouessant, "le Versailles des phares en mer", est "un partenariat entre l'Etat et les collectivités locales", ou encore le mécénat, a-t-il ajouté.
Jean-François Le Besque, délégué régional de la Fondation du patrimoine, organisme privé, assure qu'il y a "des grandes entreprises comme Total ou Lafarge qui sont intéressées, à condition qu'il y ait un projet défini". M. Pointud milite pour que la gestion de ce patrimoine, représentant "trois siècles d'aventures humaines", soit délégué à des associations ou à des collectivités.
Bien plus fataliste, Jean-Christophe Fichou, historien, auteur d'une thèse sur le signalement maritime et d'un ouvrage sur les phares, estime qu'en l'absence d'argent "il n'y a pas de solution".
"On peut très bien avoir un poteau avec un feu. C'est un éternel rêve de terrien de s'imaginer qu'un phare doit être beau", explique-t-il. Alors, "peut-être faut-il laisser les phares en mer mourir de leur belle mort", souffle-t-il.
BREST, 17 sept 2008 (AFP)
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