Iles du Morbihan. Pépites en quête d'un nouvel éclat
30 sept. 2007
Pérenniser la vie sur les îles
Pour le Département, la mission est de pérenniser les entreprises et les emplois sur les îles. Une batterie d'aides en faveur de la pêche, de l'artisanat, de l'hôtellerie, de l'immobilier d'entreprises, des commerces de proximité, de l'emploi et de l'apprentissage vont dans ce sens. « C'est souvent plus compliqué que sur le continent, mais cela nous rend plus créatifs et plus souples », constate Jean-Yves Pironnec, responsable du service entreprises au conseil général. Depuis 2002, le Département a versé plus de 1,878 M€ (Voir tableau ci-dessous) à 243 insulaires du Morbihan pour aider leurs projets. Ce qui représente 224 € par habitant des îles en cinq ans. À la chambre de commerce et d'industrie du Morbihan, on a remarqué un boom des créations d'entreprises entre 2002 et 2007. Belle-Ile en a surtout bénéficié, avec la création de huit commerces de proximité, et la reprise de sept autres. « Il y a une vie économique à l'année sur Belle-Ile », remarque Maryvonne Trionnaire, responsable du service création-reprise à la CCI, attachée au pays d'Auray. Elle compte d'ailleurs quelques créations d'îliens. Des maçons, paysagistes et brasseurs résidents à l'année qui se sont installés à leur compte. « Il n'y aucune comparaison à faire avec Houat ou Hoëdic, sur lesquelles il n'y a pas eu de changements depuis des années. Les entreprises qui y sont installées sont suffisantes à la vie sur l'île. » Sur le même schéma géographique que Belle-Ile, c'est-à-dire une île isolée à quarante-cinq minutes des côtes, Groix semble tout aussi dynamique sur le plan de la création d'entreprises. C'est d'ailleurs là qu'on comptabilise le plus de créations depuis 2002. Deux commerces, six restaurants et une alimentation générale ont ouvert en moins de cinq ans. À cela s'ajoute la création de deux gîtes ruraux et de cinq nouvelles chambres d'hôtes.
Un redéploiement de l'agriculture est également en cours. Du fait de la loi Littoral, les friches ont tendance à se multiplier, les paysages se ferment, les lapins prolifèrent. Mais la zone agricole devrait prochainement passer de 350 à 500 hectares. Fin 2004, deux agriculteurs couvraient seuls 80 % de la surface cultivée. Depuis, trois nouveaux exploitants se sont implantés (élevage et maraîchage).
Reste que le prix du terrain agricole oscille entre 1 et 2 € le m², contre 100 à 120 € pour un terrain constructible.
Atout marketing
Pour certaines entreprises, s'installer sur une île offre aussi quelques atouts. Même si les contraintes de transport pèsent lourd dans leurs balances financières, l'image de l'entreprise s'en trouve bonifiée. L'atout marketing est indéniable. À l'image de la conserverie Groix et Nature à Groix ou du laboratoire Daniel Jouvance à Houat. « Ce n'est pas juste un concept marketing. Les préparations sont toutes artisanales et fabriquées sur l'île », rassure Christian Guyader, pd-g de Guyader Gastronomie (29) qui a trouvé à Groix le site idéal pour implanter son usine de fabrication de produits de la mer. Chaque semaine, 5m³ de boîtes et verrines repartent sur le continent pour y être stockées et emballées, pendant que les matières premières font le trajet inverse.
Une zone d'activités sur l'île d'Arz
Seule île du Ponant à avoir une croissance démographique positive, l'île dd'Arz est passée de 239 habitants en 2000 à 260 en 2007. La raison ? La politique du maire, Robert Tanguy, en faveur de la mixité sociale et des logements. L'accès aussi y est pour beaucoup. « Nous avons des bateaux de haute qualité avec des horaires pratiques. Le dernier quitte Vannes à 20 h. » Idéal pour rentrer sur l'île après une journée de travail sur le continent. Et même si les entreprises ne sont pas très nombreuses, Robert Tanguy agit pour développer l'économie de son île. Ainsi la municipalité vient de faire l'acquisition d'un terrain de 3.800 m² au lieu-dit Le Douero, pour y installer une petite zone d'activités économiques. « Nous pourrions proposer des emplacements pour un menuisier, un maçon, un peintre, un couvreur », précise Robert Tanguy. « Les artistes et artisans du continent et les ildarais pourraient profiter de cette zone. » En effet, certains professionnels du bâtiment passent dix à onze mois par an sur l'île pour leur activité professionnelle et n'ont pas d'atelier où installer leurs outils et le matériel. S'acquittant d'un faible loyer, les artisans pourraient alors faire des économies de passage de leurs camions sur la barge. Second projet pour développer l'économie de l'île : la création d'un pôle médical. « Nous sommes en train d'acquérir un terrain, via la communauté d'agglomération. Ce pôle d'une quinzaine de lits pourrait permettre l'installation sur l'île d'infirmières. Les médecins viendraient en consultation. » S'il voit le jour, ce projet devrait créer une douzaine d'emplois .
Pas de distributeurs bancaires
Je an Pressard, maire de l'Ile aux Moines, a lui aussi oeuvré au développement économique de son territoire. Notamment en actionnant au maximum les leviers européens, dont la source s'est pourtant tarie en 2006 : restructuration du centre-bourg, création d'une boulangerie-pâtisserie pour 276.000 €, d'une résidence de vacances d'une capacité de 328 personnes, d'un établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes. Pourtant, comme sur la plupart de ses consoeurs, à l'exception de Groix et Belle-Ile, l'argent a du mal à circuler : il n'y a pas de distributeur bancaire sur l'île. « Je suis un peu déçu, déclare Jean Pressard, les banques ne jouent pas le jeu. Elles prêtent aux gens qui achètent mais il n'y a de distributeur bancaire qu'à Port-Blanc, à l'embarquement. » Ce qui n'empêche pas les prix de flamber sur l'Ile aux Moines : une grande maison s'y est récemment vendue à plus de 1,5 M€, l'équivalent des recettes annuelles de fonctionnement de la municipalité, pourtant 10 e en terme de taxe professionnelle sur les 24 que compte la communauté d'agglomération du pays de Vannes. 4.000 personnes transitent chaque jour sur l'île. D'ailleurs, la société Izenah, créée par des insulaires, était encore jusqu'à maintenant l'un des rares exploitants totalement privés à assurer la liaison entre l'Ile aux Moines et le continent .
Nurserie d'huîtres à Houat
Sur l'île d'Houat, les projets entrepreneuriaux ne manquent pas non plus, qu'il s'agisse d'un centre d'appel ou de l'unité de nurserie d'huîtres en pleine mer de Grainocean. « L'ostréiculture sort de la cueillette, encore prédominante il y a 30 ans et doit se structurer techniquement », explique Eric Marissal de Grainocean, qui va investir ici 3 M€, avec une quinzaine d'emplois à la clef. L'activité pêche est restée prégnante à Houat. Elle occupe 28 % du tonnage de la criée de Quiberon. Sa flotte de 20 navires est la deuxième en taille des îles du Ponant, après l'île d'Yeu, pourtant plus importante en population. Quinze de ses bateaux de pêche se sont récemment engagés à livrer des poissons deux à trois fois par semaine sur un étal de marché du Xe arrondissement de Paris. « Cela nous permettrait un accroissement de 25 à 40 % de notre chiffre d'affaires », anticipe Pascal Scouarnec, gérant du groupement des pêcheurs et artisans de l'île de Houuat, qui a prévu deux à trois fois par semaine un camion de 2,5 tonnes pour acheminer le poisson à Paris. Voire un second camion pendant la saison de la sole (de février à avril) ou de la coquille Saint-Jacques, qui atteint parfois les 70 tonnes pêchées en un trimestre. De plus, le bâtiment des pêcheurs va profiter du réaménagement du port. Outre les emplois induits, la taxe sur la pêche représente une ressource non négligeable pour la mairie, tout comme sa demi-douzaine de régies municipales ou la taxe sur les passages en bateau. Sur cette île, la population de 313 habitants est multipliée par 6 à 8 l'été.
Un été contrasté
L a météo de cette saison a pourtant été « détestable », comme le confirme Robert Tanguy, maire de l'Ile d'Arz. La taxe de séjour continue de constituer une bonne manne financière pour les îles. Si en juillet, les équipements de loisirs étaient satisfaits de leur début de saison, contrairement à l'hôtellerie de plein air, la tendance s'est inversée au mois d'août. Au camping municipal d'Arz, on accuse un déficit de 12.000 € par rapport à l'été 2006. Ce qui n'empêchera pas les amateurs de ces pépites d'or bercées par la Grande Bleue de venir s'y ressourcer .
Pour le Département, la mission est de pérenniser les entreprises et les emplois sur les îles. Une batterie d'aides en faveur de la pêche, de l'artisanat, de l'hôtellerie, de l'immobilier d'entreprises, des commerces de proximité, de l'emploi et de l'apprentissage vont dans ce sens. « C'est souvent plus compliqué que sur le continent, mais cela nous rend plus créatifs et plus souples », constate Jean-Yves Pironnec, responsable du service entreprises au conseil général. Depuis 2002, le Département a versé plus de 1,878 M€ (Voir tableau ci-dessous) à 243 insulaires du Morbihan pour aider leurs projets. Ce qui représente 224 € par habitant des îles en cinq ans. À la chambre de commerce et d'industrie du Morbihan, on a remarqué un boom des créations d'entreprises entre 2002 et 2007. Belle-Ile en a surtout bénéficié, avec la création de huit commerces de proximité, et la reprise de sept autres. « Il y a une vie économique à l'année sur Belle-Ile », remarque Maryvonne Trionnaire, responsable du service création-reprise à la CCI, attachée au pays d'Auray. Elle compte d'ailleurs quelques créations d'îliens. Des maçons, paysagistes et brasseurs résidents à l'année qui se sont installés à leur compte. « Il n'y aucune comparaison à faire avec Houat ou Hoëdic, sur lesquelles il n'y a pas eu de changements depuis des années. Les entreprises qui y sont installées sont suffisantes à la vie sur l'île. » Sur le même schéma géographique que Belle-Ile, c'est-à-dire une île isolée à quarante-cinq minutes des côtes, Groix semble tout aussi dynamique sur le plan de la création d'entreprises. C'est d'ailleurs là qu'on comptabilise le plus de créations depuis 2002. Deux commerces, six restaurants et une alimentation générale ont ouvert en moins de cinq ans. À cela s'ajoute la création de deux gîtes ruraux et de cinq nouvelles chambres d'hôtes.
Un redéploiement de l'agriculture est également en cours. Du fait de la loi Littoral, les friches ont tendance à se multiplier, les paysages se ferment, les lapins prolifèrent. Mais la zone agricole devrait prochainement passer de 350 à 500 hectares. Fin 2004, deux agriculteurs couvraient seuls 80 % de la surface cultivée. Depuis, trois nouveaux exploitants se sont implantés (élevage et maraîchage).
Reste que le prix du terrain agricole oscille entre 1 et 2 € le m², contre 100 à 120 € pour un terrain constructible.
Atout marketing
Pour certaines entreprises, s'installer sur une île offre aussi quelques atouts. Même si les contraintes de transport pèsent lourd dans leurs balances financières, l'image de l'entreprise s'en trouve bonifiée. L'atout marketing est indéniable. À l'image de la conserverie Groix et Nature à Groix ou du laboratoire Daniel Jouvance à Houat. « Ce n'est pas juste un concept marketing. Les préparations sont toutes artisanales et fabriquées sur l'île », rassure Christian Guyader, pd-g de Guyader Gastronomie (29) qui a trouvé à Groix le site idéal pour implanter son usine de fabrication de produits de la mer. Chaque semaine, 5m³ de boîtes et verrines repartent sur le continent pour y être stockées et emballées, pendant que les matières premières font le trajet inverse.
Une zone d'activités sur l'île d'Arz
Seule île du Ponant à avoir une croissance démographique positive, l'île dd'Arz est passée de 239 habitants en 2000 à 260 en 2007. La raison ? La politique du maire, Robert Tanguy, en faveur de la mixité sociale et des logements. L'accès aussi y est pour beaucoup. « Nous avons des bateaux de haute qualité avec des horaires pratiques. Le dernier quitte Vannes à 20 h. » Idéal pour rentrer sur l'île après une journée de travail sur le continent. Et même si les entreprises ne sont pas très nombreuses, Robert Tanguy agit pour développer l'économie de son île. Ainsi la municipalité vient de faire l'acquisition d'un terrain de 3.800 m² au lieu-dit Le Douero, pour y installer une petite zone d'activités économiques. « Nous pourrions proposer des emplacements pour un menuisier, un maçon, un peintre, un couvreur », précise Robert Tanguy. « Les artistes et artisans du continent et les ildarais pourraient profiter de cette zone. » En effet, certains professionnels du bâtiment passent dix à onze mois par an sur l'île pour leur activité professionnelle et n'ont pas d'atelier où installer leurs outils et le matériel. S'acquittant d'un faible loyer, les artisans pourraient alors faire des économies de passage de leurs camions sur la barge. Second projet pour développer l'économie de l'île : la création d'un pôle médical. « Nous sommes en train d'acquérir un terrain, via la communauté d'agglomération. Ce pôle d'une quinzaine de lits pourrait permettre l'installation sur l'île d'infirmières. Les médecins viendraient en consultation. » S'il voit le jour, ce projet devrait créer une douzaine d'emplois .
Pas de distributeurs bancaires
Je an Pressard, maire de l'Ile aux Moines, a lui aussi oeuvré au développement économique de son territoire. Notamment en actionnant au maximum les leviers européens, dont la source s'est pourtant tarie en 2006 : restructuration du centre-bourg, création d'une boulangerie-pâtisserie pour 276.000 €, d'une résidence de vacances d'une capacité de 328 personnes, d'un établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes. Pourtant, comme sur la plupart de ses consoeurs, à l'exception de Groix et Belle-Ile, l'argent a du mal à circuler : il n'y a pas de distributeur bancaire sur l'île. « Je suis un peu déçu, déclare Jean Pressard, les banques ne jouent pas le jeu. Elles prêtent aux gens qui achètent mais il n'y a de distributeur bancaire qu'à Port-Blanc, à l'embarquement. » Ce qui n'empêche pas les prix de flamber sur l'Ile aux Moines : une grande maison s'y est récemment vendue à plus de 1,5 M€, l'équivalent des recettes annuelles de fonctionnement de la municipalité, pourtant 10 e en terme de taxe professionnelle sur les 24 que compte la communauté d'agglomération du pays de Vannes. 4.000 personnes transitent chaque jour sur l'île. D'ailleurs, la société Izenah, créée par des insulaires, était encore jusqu'à maintenant l'un des rares exploitants totalement privés à assurer la liaison entre l'Ile aux Moines et le continent .
Nurserie d'huîtres à Houat
Sur l'île d'Houat, les projets entrepreneuriaux ne manquent pas non plus, qu'il s'agisse d'un centre d'appel ou de l'unité de nurserie d'huîtres en pleine mer de Grainocean. « L'ostréiculture sort de la cueillette, encore prédominante il y a 30 ans et doit se structurer techniquement », explique Eric Marissal de Grainocean, qui va investir ici 3 M€, avec une quinzaine d'emplois à la clef. L'activité pêche est restée prégnante à Houat. Elle occupe 28 % du tonnage de la criée de Quiberon. Sa flotte de 20 navires est la deuxième en taille des îles du Ponant, après l'île d'Yeu, pourtant plus importante en population. Quinze de ses bateaux de pêche se sont récemment engagés à livrer des poissons deux à trois fois par semaine sur un étal de marché du Xe arrondissement de Paris. « Cela nous permettrait un accroissement de 25 à 40 % de notre chiffre d'affaires », anticipe Pascal Scouarnec, gérant du groupement des pêcheurs et artisans de l'île de Houuat, qui a prévu deux à trois fois par semaine un camion de 2,5 tonnes pour acheminer le poisson à Paris. Voire un second camion pendant la saison de la sole (de février à avril) ou de la coquille Saint-Jacques, qui atteint parfois les 70 tonnes pêchées en un trimestre. De plus, le bâtiment des pêcheurs va profiter du réaménagement du port. Outre les emplois induits, la taxe sur la pêche représente une ressource non négligeable pour la mairie, tout comme sa demi-douzaine de régies municipales ou la taxe sur les passages en bateau. Sur cette île, la population de 313 habitants est multipliée par 6 à 8 l'été.
Un été contrasté
L a météo de cette saison a pourtant été « détestable », comme le confirme Robert Tanguy, maire de l'Ile d'Arz. La taxe de séjour continue de constituer une bonne manne financière pour les îles. Si en juillet, les équipements de loisirs étaient satisfaits de leur début de saison, contrairement à l'hôtellerie de plein air, la tendance s'est inversée au mois d'août. Au camping municipal d'Arz, on accuse un déficit de 12.000 € par rapport à l'été 2006. Ce qui n'empêchera pas les amateurs de ces pépites d'or bercées par la Grande Bleue de venir s'y ressourcer .
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