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MELVAN
Jean Marie Bachelot de la Pylaie
En décembre 1825, le naturaliste se rend de Belle-Île aux îles d’Hoedic et d’Houat dans le but de compléter ses récoltes d'algues. Il séjourne tout d'abord à Hoedic où sa collecte l'enthousiasme, mais les conditions climatiques hivernales l'obligent à mettre fin à ses recherches. Alors, plutôt que de retourner sur le continent comme il l'avait prévu, il s'attarde à Houat où il côtoie les habitants et entreprend de décrire leurs modes de vie et leur environnement naturel. Son " Essai sur la statistique des îles
d'Houat et d'Hédic " est la première monographie à nous
donner une description détaillée de la vie insulaire.
Il constitue un document ethnographique exceptionnel par la proximité de
l'auteur avec les îliens. Son analyse est directe, son
style imagé, comportant de nombreuses anecdotes sur le
quotidien. La section naturaliste qui suit apporte des informations précieuses sur les espèces décrites, en particulier en botanique. Mais elle est aussi riche de nombreuses anecdotes constituant autant de témoignages ethnologiques. De même que pour nombre des écrits du naturaliste, ce manuscrit n'a jamais été publié et il est conservé au Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris. Ce livre en présente la première édition. Le Professeur Aymonin du Muséum
National d’Histoire Naturelle de Paris a bien voulu préfacer
ce livre. Le lien est ainsi maintenu avec les maîtres qui
ont enseigné le naturaliste et ont été ses
références au cours de sa vie.
Extrait de « Voyage d'un naturaliste dans les îles d'Houat et d'Hédic de 1825 à 1826 » de Jean-Marie Bachelot de la Pylaie : « Comme le parcellaire des propriétés rurales est ici à l’infini, pour ainsi dire, se réduisant souvent à quelques sillons par personne, il en résulte que quand un houatais entreprend un travail, et tous les autres l’imitent selon leur usage, le terrain destiné à telle culture se trouve couvert d’hommes, de femmes, d’enfants, quand il s’agit de labours. Etant allé de suite observer par mes yeux leur manière de faire cette opération, je vis, là, toute la peuplade au travail. L’activité de ce monde si rapproché, ces charrues qui se croisaient en tous sens et surtout les cris bizarres et continus par lesquels ils excitaient de tous côtés leurs attelages, formaient un ensemble bien nouveau pour moi ; nulle part, en effet, l’on entend un pareil langage, c’est à dire, des « hahaha », « hahahant », « hahahait », prononcés d’une manière plus bizarre, laquelle participe de l’aspiration et du rire, et qui s’entremêlant encore de mots bas bretons, est d’un effet non moins extraordinaire à l’oreille. Le bétail dont se composent l’attelage et la charrue, est en miniature : il n’y a que la race humaine qui soit là dans des proportions ordinaires. Cette charrue ne pèse pas 40 livres et ses roues ne font environ que 15 pouces de diamètre : sa structure grossière annonce toute l’enfance de l’art. » |
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