Les Recteurs et la Sirène - Jean Epstein

Dans les années 1930, le cinéaste Jean Epstein découvre les îles bretonnes à l’occasion du tournage des films Finis terrae à Ouessant, Mor vran à Sein et L’Or des mers à Hoedic. 
Ces îles, qui vivent encore isolées du continent, l’impressionnent fortement et sont source d’inspiration. Il y puise le scénario de ses films mais aussi le thème de ses deux uniques romans. 

Le premier roman, L’Or des mers, est écrit la même année que le tournage du film L’Or des mers à Hoedic, en 1932, et porte le même nom. L’intrigue n’est cependant pas la même et l’action se déroule à Ouessant.
Son deuxième roman écrit en 1934, Les Recteurs et la sirène, se situe dans une île imaginaire, Huernn, qui n’est autre, vous le devinerez, que l’île d’Hoedic. Ce roman, d’une belle écriture, est plus élaboré que le scénario simple de son film hoedicais. 
Mais il donne une vision sévère et rugueuse de cette île « imaginaire ». Peut-être est-ce la raison pour laquelle son identité est masquée ? L’éditeur note en quatrième de couverture :« Epstein a vécu parmi les peuples de la mer dont ce roman peint quelques types. Comme il est le fruit d’une observation singulièrement aiguë, il constitue le document le plus intéressant sur une poignée d’humains qui vit dans des conditions dont nous ne pouvons soupçonner ni la précarité ni le tragique. (…) »

Extrait du roman :

« Sur leur kilomètre carré de rochers et de lande, sur ce sol à peine élevé au-dessus de l’océan dont les menaces le font trembler, sur cette terre élastique tant elle est minée par les surmulots, et qui n’a jamais connu la fraîcheur d’une ombre d’arbre, où le vent fauche, le sel brûle de pauvres récoltes, où le lait des vaches a le goût du goémon, où personne ne trouve de quoi nourrir un seul cochon ; sur ce sable, les hommes qui y sont nés et qui mourront là, qui ne connaissent plus rien d’autre que cet îlot et la mer, qui ne voient pas d’avenir différent du passé, reviennent d’une dure, mais enfin fructueuse sortie, avec la fatigue, le besoin de repos, de joie. Le visage pèle et leurs mains sont à vif. Ils sentent le goudron et l’appât pourri. Tout leur paraît meilleur que l’amertume de l’embrun. L’île leur semble immense, sûre, stable. Ils s’assoient, ils mangent, ils boivent. »

Voir aussi sur ce roman l’article « Misère d’Hœdik » de Jean Epstein dans La Revue des deux îles n°3, 2006.

Édition La Digitale
136 p. format 21x14

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